Quand Keith Richards posait ses valises à Villars

23 septembre 2026

| Nouvelles de Villars

Un chapitre de l’histoire des Rolling Stones s’est écrit à Villars-sur-Ollon. Au début des années 1970, Keith Richards y trouve un refuge avec sa compagne, l’actrice et mannequin Anita Pallenberg, et leur famille. Une présence dont le souvenir s’est transmis dans la station, entre anecdotes de voisinage et légendes du rock.

L’histoire commence en 1971. Confrontés à une situation fiscale difficile et à des litiges avec leur ancien manager Allen Klein, les Rolling Stones quittent la Grande-Bretagne pour s’installer en France. Keith Richards loue la villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer. Faute de studio adapté à proximité, le groupe transforme les sous-sols en lieu d’enregistrement, avec l’aide de son camion-studio. Une partie du double album Exile on Main St., paru en 1972, y prend forme. Source.

C’est en 1972 que Villars entre dans son histoire. Dans son autobiographie Life, Richards explique que Claude Nobs lui a trouvé ce refuge dans les Alpes vaudoises. Le fondateur du Montreux Jazz Festival, dont la première édition remonte à 1967, connaît bien les artistes et les ressources de la région. Richards se souviendra aussi d’un plaisir inattendu : le ski, qu’il pratique jusqu’aux abords de son chalet. Mémoires de Richards, histoire du festival.

Photo d'archives en noir et blanc de Keith Richards, guitariste des Rolling Stones, assis sur une prairie en pente avec son jeune fils Marlon dans les hauteurs de Villars-sur-Ollon au début des années 1970
Keith Richards et son fils Marlon sur les hauteurs de Villars, au début des années 1970. Photo d’archives.

À Villars, les souvenirs d’Huguette Seeholzer, collaboratrice de Gérance Service de 1969 à 2012, donnent à ce séjour une dimension très concrète. Elle se souvient d’une présence qui ne passait pas inaperçue dans le Villars du début des années 1970, alors bien différent de celui d’aujourd’hui. Richards a d’abord loué un chalet sur la Route de Solalex du côté de Barboleuse, puis quelques mois plus tard, son choix s’est finalement porté sur le chalet Pic Vert, en haut du Domaine de la Résidence. Keith Richards s’y installe avec Anita et leur famille, dont leur jeune fils Marlon, né en 1969.

Vue aérienne du Domaine de la Résidence à Villars-sur-Ollon, avec le chalet Pic Vert signalé par une flèche verte au milieu des sapins et des chalets
Le chalet Pic Vert, en haut du Domaine de la Résidence, où séjourna la famille Richards.

À cette période suisse se rattache également la naissance d’« Angie ». Dans Life, Richards raconte en avoir trouvé les premières idées au printemps 1972, pendant une cure à Vevey, alors qu’Anita donne naissance à leur fille. Il décrit un après-midi passé à jouer de la guitare sur son lit, lorsque les effets du sevrage commencent à s’atténuer. Ce souvenir situe donc l’origine de la chanson sur les bords du Léman, sans permettre de l’attribuer au chalet de Villars. Source.

Anita Pallenberg tenant sa fille Angie et accompagnée de son fils Marlon sur le balcon du chalet Pic Vert à Villars-sur-Ollon en juillet 1972
Anita Pallenberg avec Marlon et Angie Richards sur le balcon du chalet Pic Vert, en juillet 1972.

La chanson, signée Jagger–Richards, est ensuite enregistrée en Jamaïque et complétée à Londres. Elle paraît en 1973 sur Goats Head Soup et devient l’un des grands succès du groupe. En Suisse, « Angie » occupe la première place du classement des singles pendant quatre semaines. Histoire de l’enregistrement, classement suisse.

Une autre histoire, beaucoup moins fiable, accompagne les séjours suisses du guitariste : celle d’un remplacement intégral de son sang pour le débarrasser de son addiction. Richards expliquera lui-même avoir lancé cette plaisanterie, lassé des questions sur sa désintoxication. La boutade avait fini par devenir une légende. Source.

La date exacte du départ du chalet reste à préciser. Dans le récit local recueilli ici, demeurent les silhouettes de Keith et Anita, leurs grands manteaux de fourrure, leurs tenues hippies et une manière de vivre qui tranchait avec les habitudes de la station. Pendant quelque temps, l’histoire des Rolling Stones avait aussi eu pour décor les rues et les chalets de Villars.